Stellantis, une affaire qui roule ? #14 minutes de lecture

Avec un portefeuille comprenant quatorze marques, le groupe formé par la fusion des entités FCA et PSA devient un mastodonte d’un secteur automobile actuellement en perte de vitesse. Passons en revue les différentes marques du groupe et voyons quel avenir les attend au moment d’amorcer un virage décisif dans leur histoire.
Dans cette première partie, intéressons-nous aux marques censées incarner le haut de gamme du groupe.

Les quatorze marques automobiles composant le nouveau-né Stellantis sont censées permettre au groupe de se lancer à la conquête du marché automobile mondial avec de l’ambition. En effet, avec des firmes allant du constructeur généraliste à la voiture de luxe et issues des ancien et nouveau continents, le groupe peut faire preuve d’optimisme pour ses débuts.

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Si les deux groupes séparés avaient quelques faiblesses, une grande partie de celles-ci seront certainement comblées grâce à la fusion actée le 16 janvier dernier.

La première marque du groupe est Abarth. Cette marque italienne a un statut particulier dans la mesure où elle ne produit pas de véhicules à proprement parler, mais se spécialise dans la préparation d’automobiles produites par Fiat. Les voitures préparées par Abarth ont pour vocation d’être de petits véhicules sportifs. En l’occurrence, le catalogue actuel du préparateur ne comporte actuellement que des dérivés de la Fiat 500 généralement nommés Abarth 595. Il est probable que la marque conserve ses attributions dans les prochaines années au vu de son succès actuel même si des malus de plus en plus lourds pourraient quelque peu freiner les ventes.

Vient ensuite la marque italienne Alfa Romeo. Cette marque ne proposant actuellement que trois modèles dans son catalogue pourrait grandement bénéficier de la formation de Stellantis. En effet, Alfa Romeo se positionne dans la catégorie des véhicules premium (à savoir des véhicules affichant un prix relativement élevé sans être inaccessible et s’adressant aux classes moyennes supérieures). Or, elle est relativement isolée sur ce segment au sein du groupe Fiat, ce qui implique des coûts de développement plus élevés couplés à des technologies légèrement en retard face à la concurrence. Or, si comme le laisse entendre la communication de Stellantis, la marque au trèfle était rejointe sur ce segment par Lancia et DS Automobiles, des bases communes pourraient permettre à Alfa de redynamiser son offre tout en réduisant les coûts de R&D. Elle pourrait ainsi tirer le meilleur parti de son implication en Formule 1.

Concernant Lancia, la formation de Stellantis pourrait être une excellente nouvelle. L’ex marque reine des rallyes ne propose aujourd’hui qu’un modèle, à savoir l’Ypsilon, une citadine ronde et peu puissante loin de l’image de ses ancêtres telles que la Delta HF ou la Stratos et les observateurs pouvaient craindre sa disparition. La communication proposée par Stellantis concernant cette firme laisse entendre qu’elle reviendrait jouer dans la cour des grands. En témoigne une page de présentation de la marque montrant les glorieuses voitures de rallye du passé laissant présager un avenir plus sportif.

Troisième marque de ce triptyque, DS Automobiles est également la plus récente. Si elle propose des voitures premium dont la qualité n’est pas à remettre en cause, elle souffre de sa jeunesse et donc d’une image de marque assez pauvre (malgré une implication dans le sport automobile en Formule E sous le nom de DS Techeetah), et ce d’autant plus que les modèles proposés reposent sur des bases de Peugeot. Or, cette fusion impliquant l’existence de trois marques premium permettrait de créer des bases communes et directement orientées vers le segment du premium offrant ainsi à DS Automobiles la possibilité d’améliorer sa réputation.

Ainsi, là où les deux marques italiennes bénéficieraient du dynamisme de PSA, la marque française tirerait pour sa part profit d’une réputation solide acquise par des années de compétition automobile et grâce à des modèles mythiques.

Au-dessus de ces trois marques viendrait se placer la firme italienne Maserati. La marque au trident bénéficie elle aussi d’une image et d’une réputation qui ne sont plus à faire. Il n’en demeure pas moins que les modèles proposés actuellement par la marque semblent ne pas susciter un grand enthousiasme comme en témoignent les chiffres de la marque sur les dernières années (environ 2000 véhicules produits sur le deuxième trimestre 2020 contre environ 4200 sur la même période en 2019). Des changements profonds dans la philosophie de la marque sont évoqués pour les prochaines années dont une probable électrification de la gamme avec la première voiture hybride de la marque lancée en 2020, à savoir la Ghibli hybride. La firme de Modène pourrait bénéficier de la fusion elle aussi avec des moteurs hybrides PSE de plus de 350 chevaux proposés par Peugeot et pouvant faire l’objet d’un développement commun. De quoi redynamiser la marque et redevenir un fleuron de l’automobile de luxe ?

Rendez-vous dans une semaine pour se pencher sur les marques généralistes du groupe.

 

Voir aussi :

Stellantis, une affaire qui roule ? #2

Stellantis, une affaire qui roule ? #3

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